Tour d'Europe

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Lundi 16 février 2009

Vous l'avez peut-être déjà croisé. Notre ami Samuel Huaux est de retour à Thuin pour quelques jours suite au triste décès de Daniel Denis. Daniel nous a quitté dimanche matin, à l'âge de 57 ans. Samuel Huaux souhaitait être présent pour dire au revoir à cet ami qui lui était cher.  Il souhaitait aussi être là pour Béa et sa famille, avec qui il a tissé des liens très forts. 

Samuel tenait à rendre hommage à cet homme sur ce blog également.


Mais Samuel n'a pas l'intention de s'arrêter en si bon chemin. Il repartira pour son Tour d'Europe le 1er mars en avion en direction de Marseille, où il a laissé ses bagages et son vélo. Il rejoindra ensuite Saint Raphaël en train. Saint Raphaël était, en effet, la dernière étape de son tour d'Europe.

Par Délir'tour
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Mercredi 11 février 2009


6069 kms au compteur. Samuel est à Hyères, commune française située à 16 kms de Toulon dans le département du Var et dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il est accueilli par un ami. La ville, située sur la rive de la mer Méditerranée, est une station balnéaire surnommée Hyères-les-Palmiers grâce aux 7000 palmiers plantés dans la commune et cultivés dans les pépinières. Notre ami thudinien et son nouvel ami Hyèrois bénéficient d'un climat méditerranéen assez doux mais le vent souffle encore assez fort.

Le barbu n'a parcouru que 50 bornes aujourd'hui entre Toulon et Hyères. Il s'est un peu attardé dans la ville de Toulon. Depuis le Cap d'Agde, il y une semaine, il avalé 322 kms.

Avant-hier, il était à Marseille. Surnommée citée phocéenne, cette ville est bien connue grâce à son port, le premier de France et de méditérannée. Sam s'était arrêté dans un bar où il y avait de la bière belge. Il discutait avec les Français en terrasse lorsque soudain une dame s'approche de lui et le salue. Elle lui demande : "Tu te souviens de moi? " Sam, un peu perplexe, a répondu oui. Mais d'où la connaissait-il? En fait, il a passé le Nouvel An dans le même bar que cette dame à Séville. Comme le monde est petit...

Ses coups de coeur, cette semaine? L'accueil qu'il a reçu chez Michel Marbais et sa compagne Bérengère au Cap d'Agde. Il a été super bien reçu et il a eu droit à une visite personnelle des environs. Deuxième coup de coeur, quelques kms plus loin, à la Grande-Motte, les petits plats concoctés par le cousin de Patricia, Thomas, était un vrai régal. Ce qui a remis d'aplomb notre voyageur.   

Dans les prochains jours, Sam rejoindra les stars de la Jet Set puisqu'il va traverser Bormes-les-Mimosas, Saint-Tropez, Sainte-Maxime,Saint-Raphaël avant de rejoindre Cannes, Antibes et Nice pour clôturer définitivement le chapitre français. Dans les environs de Nice, à Cagnes-sur-Mer, il a rendez-vous avec une journaliste de France3. SAMUEL HUAUX devient une personnalité célèbre...

Il remet un grand bonjour à tous les Thudiniens et à tous ceux qui visitent ce blog. Il a besoin de vos encouragements, alors n'hésitez pas à laisser vos commentaires ci-dessous.

Par Délir'tour
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Lundi 9 février 2009

Qu'est ce que tu retires de l'expérience jusqu'ici?
Ce voyage c’est du bonheur à l’état pur chaque jour. Chaque jour est une aventure en soi. J’ai fait des rencontres extraordinaires. J’ai traversé des paysages magnifiques. Après seulement 4 mois, je me sens déjà grandi de cette expérience. Je pense que j’ai aussi gagné en maturité. J’ai, par exemple, appris à me débrouiller quelque soit la situation qui se présente à moi. Et puis, ce voyage, c’est aussi une performance physique. Et ce n’était pas gagné d’avance comme je me suis très peu entrainé et que je suis parti un peu à l’arrache. Je crois qu’à mon retour en Belgique, je ne verrai plus les choses de la même façon. Je suis donc très heureux d’avoir entrepris cette aventure.

Es-tu fier de réaliser ce voyage? Quel regard portes-tu sur les nombreux kms déjà parcourus?
Le jour du départ, le 27 septembre, peu de gens pensait que j’irai au bout de ce voyage. Moi-même, dans un petit coin de ma tête, j’y pensais. Je me suis dit : « je vais m’arrêter du côté de Lobbes et je vais rester là quelques jours et puis je rentre. LOL » ! Aujourd’hui, à mi-parcours, je suis assez fier, c’est vrai, d’avoir déjà réalisé autant de chemin même si je ne me rends pas encore bien compte des kilomètres parcourus (6000km). Et quand je vois que la classe de Madame Delmarche de l’école de Biercée et les jeunes de Thuin me suivent, ça me touche énormément. Chaque matin, quand je donne les premiers coups de pédale, j’ai une petite pensée pour eux et ça me donne de la force pour toute la journée.

Les Européens, comment perçoivent-ils la Belgique ?
Yohann et Sergio, les deux cyclistes français et paraguayen, m’ont tous les deux posé la même question : Comment cela se fait-il qu’il y ait autant de conflits entre deux communautés dans un aussi petit pays ? Dans tous les journaux français, espagnols et portugais, il y a des articles sur les problèmes communautaires en Belgique. Notre pays fait couler beaucoup d’encre dans les journaux étrangers également. Je ne me rendais pas compte que ces querelles politiciennes dépassaient nos frontières. J’ai été très surpris de voir que les Européens connaissent la Belgique de cette manière.

As-tu eu des surprises ou des frayeurs à cause du temps ?
Le meilleur temps que j’ai eu, c’était le 31 décembre à Séville. Plein soleil et 21°. Je n’ai jamais connu un réveillon de Nouvel An sous le soleil et avec des températures aussi clémentes auparavant. Par contre, il y a quelques semaines, j’ai eu une belle frayeur. Tempête dans le Sud de la France. Alerte rouge dans toute la région. Le vent était tellement puissant que je n’arrivais plus à avancer. En plus, la nuit commençait à tomber. Je n’ai pas su faire un mètre de plus. J’ai dû m’attacher à un arbre avec mon cadenas pour ne pas m’envoler ! J’étais à plat ventre sur la route. Une dame m’a gentiment emmené jusqu’au camping municipal. Nous avons embarqué le vélo et la remorque dans sa voiture. Mais le camping était fermé. J’ai donc dû m’abriter dans les sanitaires restés ouverts. Le vent a soufflé jusqu’à 5h du matin. Les rafales ont atteint les 110km/h.

Quels ont été les moments les plus difficiles durant ces 4 mois ?
Le moment le plus dur, c’était le 27 septembre, le jour de mon départ. Quitter mes proches, partir à l’aventure, partir vers l’inconnu.
Autre moment difficile, lorsque ma maman, mon petit frère et mes amis thudiniens (les filles du Rapido, Pam et Simon Cool) m’ont quitté à Saint-Cyprien. C’était super de les revoir et j’ai beaucoup apprécié cette surprise. Ca m’a permis de recharger mes batteries pour continuer l’aventure. Mais après leur départ, je n’ai pas pu m’empêcher de verser quelques larmes. Impossible de ne pas craquer.
Et puis, il y a aussi tous les gens qui  m’accueillent. Toutes les rencontres sont plus riches les unes que les autres. Je m’attache très vite à tous ces gens très généreux et chaleureux. L’émotion est donc au rendez-vous à chaque séparation. J’ai deux exemples assez marquants de séparation difficile. Le premier, c’est lorsque j’ai dû quitter la communauté que j’ai rencontrée en Vendée. Ils vivent à 6 dans une superbe maison et ils organisent des évènements culturels dans la région. Là, j’ai fait une rencontre plus qu’amicale. Une des fille de la communauté m’a même demandé en mariage !!! Le deuxième exemple, c’est dans un tout petit village en Espagne, appelé San Pedro. Un magnifique coin de paradis, complètement isolé derrière les montagnes. J’ai mis deux heures pour y accéder. Mais ça valait vraiment la peine de faire ce petit crochet.

Peux-tu nous raconter quelques anecdotes ?
A Salir Do Porto, j’ai eu la visite d’une chauve-souris dans ma tente. J’ai bien eu la frousse. Réveil plutôt effrayant en plein milieu de la nuit ! 2 jours après, j’ai eu la visite de 10 000 fourmis sur mon chocolat !
En Vendée, je devais m’arrêter un jour. Finalement, je suis resté 1 semaine ! J’ai participé à la fête de la bière belge. J’ai dû leur montrer comment préparer un bar et comment aller plus vite pour servir.
Un jour, j’ai réussi à avoir 5 crevaisons en même temps ! Une à l’avant, deux à l’arrière et deux sur la remorque ! J’ai mis 3h pour refaire les 5 crevaisons !

Côté technique, justement, tu as beaucoup d’ennuis avec le vélo ? Crevaison, réparations quelconques…
J’ai déjà usé 3 paires de patins de frein et 3 chambres à air. Les freins s’usent assez vite quand il pleut. Et j’ai dû remplacer un maillon de chaine, le dérailleur, les pignons et le pédalier. Maintenant, j’arrive à changer ma roue en moins d’une heure. ;-) Un jour, nous avons eu des problèmes techniques, Yohann et moi. Alors, nous avons cherché un réparateur. Après de multiples demandes, on nous a conseillé d’aller chez le docteur Léon. Extraordinaire rencontre. Il nous a montré des photos d’autres cyclistes voyageurs qui sont passés chez lui pour des réparations. Il nous a donné quelques trucs. Et il a réparé les deux vélos pour la modique somme de 7€/personne.

Comment envisages-tu la suite de ton périple ?
Je me dirige à présent vers l’Italie. J’ai quand même un peu peur pour la suite du voyage. J’espère que la langue ne sera pas une barrière. Jusqu’ici, c’est vrai, que j’ai traversé 4 pays (Belgique, France, Espagne et Portugal) et la langue n’a pas vraiment été un problème. Ensuite, en Grèce, j’espère que ce ne sera pas trop compliqué car les panneaux ne sont pas écrits de la même façon. Je vais atteindre la partie la plus difficile de mon voyage en Grèce, en Roumanie et en Bulgarie. Ca risque d’être complètement différent à beaucoup de points de vue (langue, écriture, mentalités, paysages,…). Ensuite, j’arriverai en Pologne, pays que je connais un peu puisque j’ai déjà eu l’occasion de m’y rendre avec des amis. Mais je reste confiant. Je sais qu’avec les gestes, c’est assez facile de se faire comprendre

Par Délir'tour
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Dimanche 8 février 2009

Vendredi 6 février, il était accueilli par Thomas au restaurant « La Capitainerie » à la Grande-Motte, station balnéaire très prisée durant l’été. La vieille, il a posé ses bagages sous les pins de la résidence « Les Paradores » au Cap d’Agde chez Michel Marbais, le papa de Frank Gillain, un très bon ami thudinien.

Le week-end précédent a été intense en émotion pour notre aventurier puisqu’il a une la surprise de voir une partie de sa famille et quelques uns de ses amis thudiniens débarquer à Saint-Cyprien. Il a avoué avoir versé quelques larmes après leur départ. Mais revoir ses proches lui a redonné la pêche pour aller au bout de son rêve.

Petit retour sur le chemin parcouru par notre globe-trotter. Sam a longé la côte atlantique de la France jusque Biscarosse. Au sud de Bordeaux, début novembre, il a croisé la route de Yohan, un cycliste breton de 34 ans avec qui il s’est lié d’amitié. Le Français, originaire de Dinan, est tombé amoureux du voyage à vélo après avoir fait un petit tour de France à bord d’un vélo couché. L’objectif de sa deuxième expérience à vélo : rejoindre l’Afrique du Sud pour la Coupe du monde de football qui aura lieu en 2010. Les deux voyageurs ont donc traversé la frontière espagnole ensemble sous une pluie battante pour rejoindre les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. Ils ont pédalé côte à côte jusqu’au détroit de Gibraltar. En chemin, un troisième cycliste a rejoint le duo belgo-français. Sergio est camionneur et il vient du Paraguay. Lui, c’est l’envie de quitter sa cabine qui l’a emmené sur les routes de Saint-Jacques de Compostelle à vélo. Les 3 hommes ont donc roulé ensemble jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle. A trois, le rythme était beaucoup plus soutenu puisqu’il y en a toujours un qui motive les deux autres. Ces rencontres ont donc permis à Sam de trouver un bon rythme. Lors des premiers jours, sa moyenne atteignait à peine 50km par jour. Aujourd’hui, il en fait plus de 100 par jour sans aucun problème. Mais cette rencontre, c’était surtout une magnifique expérience humaine. Les 3 aventuriers ont beaucoup ri au cours de leur périple. A Saint-Jacques de Compostelle, le périple du Paraguayen s’est arrêté. L’heure de se dire au revoir et bonne continuation a sonné.

Les 2 Francophones, Yohann et Sam, ont poursuivi leur route. Ils ont longé la côte espagnole pour rejoindre le Portugal. Sam a passé le cap des 2000 kilomètres à l’Hopital, petit village perché à 1300 mètres d’altitude en Galice, dans le Nord de l’Espagne. Fin novembre, les deux vagabonds ont passé la frontière portugaise. Au jour d’aujourd’hui, le Portugal est le pays que Sam a le plus apprécié. D’abord pour ses paysages sublimes. « Porto est une très jolie ville mais ce n’est pas pratique de la visiter en vélo. Les rues sont très étroites et le dénivelé est important. Ca grimpe tout le temps et il y a beaucoup de monde en rue ». Il y a aussi Obidos que Sam a traversé, une ville qui ressemble un peu à Thuin. Il y avait là une ambiance de village où tout le monde semble se connaître. Les Portugais étaient aussi en plein préparatifs de Noël. Ce qui a rajouté une saveur particulière à cette ambiance. Et sur la route, les encouragements fusaient de toute part à la vue des deux cyclos. Autre raison pour laquelle Sam a particulièrement apprécié ce pays : l’accueil qu’il a reçu. Par exemple, à Aveiro, au Sud de Porto, Yohann et lui ont été accueillis par André et Claudia. Pour reprendre des forces, ils ont engloutis quelques crêpes que leurs hôtes leur ont gentiment préparées. Ils y ont passé deux nuits et d’après Sam, ils ont été « reçu comme des Dieux ». Les Belges sont très appréciés dans le pays. Leur joie de vivre, leur bonne humeur, et leur humour sont connus au delà de nos frontières.

Début décembre, Sam était à Salir do Porto, au Nord de Lisbonne. Il a entretenu le jardin de la seconde résidence de Pascal Albert pendant 3 semaines afin de renflouer son compte en banque. Pascal et sa copine ont rejoint Sam sur place durant une semaine. Pascal Albert travaille au Centre laïque de Thuin. Ce Thudinien a acheté cette maison au Portugal pour y passer ses vieux jours. Ses parents habitent dans la région depuis 20 ans. Fin décembre, après 3 semaines de dur labeur, Sam enfourche à nouveau sa bicyclette en direction de Gibraltar. Le 25 décembre, notre ami Sam s’est installé sur une plage portugaise entre Albufeira et Faro dans le district de Faro. Température 22° et ciel bleu azur. C’est là qu’il passera la nuit de Noël. Dinde de Noël et foie gras, on oublie. Il a soupé avec des pates accompagnées d’une petite bouteille de vin rouge. Pendant la nuit, mini tempête. L’eau est montée, montée, montée… et s’est finalement arrêtée à 6 centimètres de sa tente. Il a cru qu’il allait devoir replier sa tente. Mais il n’en fît rien. Pas de dégâts, juste une belle frayeur.

Le 26 décembre, une nouvelle page de l’aventure de Sam se tourne. Un nouveau chapitre commence puisqu’il a quitté le Portugal pour entrer en Andalousie. Il a planté sa tente dans un camping de Isla Cristina et il passé la barre des 3000 kms. Lors des derniers jours de l’année 2008, le Thudinien s’est un peu égaré. Il voulait éviter de passer par Séville. Mais il n’y avait pas de bateau pour traverser le Guadalquivir. Il a finalement dû rejoindre la capitale de l’Andalousie. Petit détour ou découverte approfondie de la région ? En tout cas, Sam y a rencontré un cycliste polonais cette fois. Il s’appelle Zbigniew mais se fait appeler par son surnom, plus facile à prononcer, Paco. Paco a jeté son dévolu sur l’Andalousie, qui est pour lui, la plus belle région d’Espagne. Les deux routards ont roulé ensemble de Séville à Malaga. Paco est originaire de Poznan et il travaille dans une usine qui produit des voitures en Angleterre. Ils ont passé le réveillon de la Nouvelle Année ensemble. Après avoir avalé une pizza, ils ont fait la fête dans le centre ville de Séville jusque 4h du matin. Champagne !

A suivre… Des nouvelles de Sam en 2009. A suivre aussi une interview de Sam

Par Délir'tour
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Mercredi 4 février 2009

Prochainement sur ce blog, vous pourrez lire une interview de Samuel Huaux réalisée ce mercredi 4 février 2009.

Nous ferons le point sur son périple. Anecdotes, insolites, ses plus belles rencontres, les plus beaux paysages traversés... Vous en saurez un peu plus sur son aventure exceptionnelle. Notre ami thudinien est à présent au Cap d'Agde dans l'Hérault (FRANCE).

Ce week-end, notre cyclo a passé quelques jours dans la région de Saint-Cyprien où sa famille et quelques bons amis belges sont descendus lui faire une petite surprise. Moment d'émotion intense pour ce jeune homme au coeur tendre...

5747 kilomètres au compteur. Il reprendra bientôt la route vers l'Italie.

Ci-dessous, vous trouverez le dernier article paru dans la presse. La classe de Mme Delmarche de l'école communale de Biercée sur les traces de Samuel.

Par Délir'tour
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Vendredi 21 novembre 2008


Article paru dans La Nouvelle Gazette le 6 décembre 2008






















Article de Pierre Dejardin publié dans "Vers L'Avenir" dans l'édition du 20 novembre 2008

   

Par Délir'tour
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Jeudi 6 novembre 2008


Samuel vient de passer la frontière espagnole en compagnie de Yoann, un cycliste français qu'il a rencontré à Biscarosse (au Sud de Bordeaux).



Les deux cyclos ont décidé de faire chemin ensemble jusqu'au Portugal. Ce cyliste breton, de Dinan (au Sud de Saint-Malo), pédale vers le Maroc à la découverte du continent africain. Et cet homme n'en est pas à sa première expérience. Sam pourra donc profiter pleinement de sa compagnie.


Nos deux cyclistes arrivent ce soir à San Sébastian en Espagne. Aurevoir la France et bonjour l'Espagne. C'est donc la fin du premier chapitre. Une nouvelle page se tourne ce soir. C'est le début de nouvelles aventures au pays du flamenco et de la tauromachie. Un voyage au sein de la population et de la culture espagnole débutera dès demain. 

Par Délir'tour
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Samedi 1 novembre 2008

Samedi 11 octobre 2008:

Réveil à 9h. Je me mets à l'ouvrage pour vous donner de mes news. Encore une belle journée qui s'annonce. Il est déjà midi, je vais manger un petit sandwich avec mon ami Léon. Je termine mon journal de bord et il est déjà 16h. Il faut dire que raconter une aventure comme la mienne n’est pas une mince affaire. La rédaction me prend donc beaucoup de temps mais elle est nécessaire pour que, tous ceux qui le souhaitent, puissent me suivre au fil des villages et des rencontres de ce voyage. Nous avons rendez-vous à 17h à la Fnac pour écouter une démo d'un groupe, mais finalement nous décidons d'aller boire un verre sur la grand-place du Mans pour profiter du soleil. 19h, il est temps de rentrer. Place au repos avant de reprendre la route demain. Je remercie Léonard pour son accueil et sa générosité (Bilan de la journée : 62km au compteur)

 

Dimanche 12 octobre 2008:

8h. Le réveil sonne. Léonard est déjà debout. Nous prenons le temps d’immortaliser mon départ. Le propriétaire se joint à nous. Je rassemble mes affaires et charge mon vélo. Les retrouvailles avec « Mon Léon » se sont passées à merveille. La séparation est donc, vous vous en doutez, difficile. Je suis ému à l’idée de le quitter. Je verse d’ailleurs une petite larme lors de nos adieux. Le soleil est au rendez vous. Á 10h30, il fait déjà très chaud. Direction « la Flèche » en quittant le Mans. Mais je me rends compte plus tard que ce n’est pas la bonne direction. Á 11h, j’achète un pain au chocolat et bois un café. Le patron de l’établissement dans lequel je me suis arrêté m’offre le deuxième café. Il m’a également fait don d’une gourde du Tour de France. Encore un homme bien sympathique sur ma route. Le chemin emprunté est très roulant, pas trop de côtes, ni de tournants. J’avance plutôt bien. En route, je visite le château de Beauvais. Je vois un panneau sur lequel il est inscrit « Camping à 700m ». J'atteins ce camping mais il est fermé, comme beaucoup à pareille époque de l'année. Dommage. Je m’adresse donc aux badauds qui se promènent à proximité de cet axe pour trouver un endroit discret où planter ma tente. Ceux-ci me proposent alors la prairie derrière le camping. Et cet endroit est magnifique. Je plante alors ma tente dans ce bosquet longé par une rivière qui alimente un étang. Un véritable petit coin de paradis. (63 km parcourus).

 

Lundi 13 octobre 2008:

8h. Je me réveille grâce à la chaleur des rayons du soleil qui tapent sur ma toile. Je saisis aussi un son de la nature plutôt apaisant pour un réveil. Celle du bruit de l’eau qui s’écoule dans la rivière qui borde ma tente. Je consulte ma carte pour établir mon trajet de la journée. Je décide d’emprunter une voie verte pour me rendre à Angers. « Excellent », ce chemin longe la Loire. Je roule et profite de superbes vues. Arrivé à Angers je marque une pose pour me ravitailler. Le patron du «Dragon d'or» m'offre 5€ pour le souper. Un autre client, qui écoutait la conversation, participe lui aussi en me donnant 3€. Il me souhaite bon courage et me conseille un camping à l'autre extrémité de la ville. J’aperçois un jeune homme dans mon rétroviseur abîmé. « Hubert » fonce à toute allure sur sa bicyclette. Je l'interpelle. Il m’invite à planter ma modeste demeure dans un coin tranquille quelques kilomètres plus loin. Mais après réflexion, il me propose de planter ma tente dans la pelouse située devant son kot. Il s’assure juste que je ne dérange pas auprès de sa propriétaire. Aucun problème pour elle. Je peux y rester autant de temps que je le souhaite. Merci à elle. En plus, le jardin est plutôt charmant avec ses nombreuses plantes. Hubert me propose de faire à souper. Et il cuisine comme un chef. Nous discutons un instant avant qu’il me confie, à ma grande surprise, qu'il habite à 5 kilomètres de Chimay à « Fourmies ». Nous avons donc discuté toute la soirée autour d’un Orval. (kilomètres parcourus aujourd’hui : 58)

 

Mardi 14 octobre 2008:

9h40 Réveil avec des douleurs au ventre. J’ai trop mangé. Je ne me sens pas très bien ! Ca risque d’être difficile pour pédaler. Hubert part à l'école. De mon côté, je jette un œil sur la carte et rédige mon journal de bord. Il est déjà 13h15 lorsque je décide d’aller visiter Angers. Je suis à quelques pas de là. Je passe une excellente après-midi à visiter un château, à flâner dans les petites rues de la ville. J’en ai profité pour acheter une carte IGN à l'office du tourisme, mais elle ne me servira pas puisqu’elle ne propose pas les routes pour les cyclos. Je me suis aussi procuré  un petit dictionnaire Français-Anglais afin de préparer mon périple hors des pays francophones. Cet outil me sera d’une grande utilité pour me faire comprendre sans trop de soucis. J’ai également ramené un livre sur les voyages en vélo. Voilà, un peu de lecture pour occuper mes soirées. Je suis rentré vers 17h. Hubert me propose de regarder le match de foot avec des amis. Un vrai match de foot entre mecs, accompagnés de bières, évidemment. Respect de la tradition belge oblige, nous avons bu pas mal de bières lors de cette soirée. Le match se termine et la France s’impose. Mon hôte me propose d'aller boire un verre en ville avec ses amis. Mais je préfère décliner l’invitation afin d’être en forme demain matin. Il est minuit. Je remets un peu d’ordre dans son kot. Je remballe les quelques cadavres de bières avant de foncer dans mon lit. Je remercie la propriétaire de Hubert, Hubert et son colocataire. Un accueil très chaleureux. On s'est promis de se revoir un jour en Belgique. Il doit m'envoyer quelques photos par e-mail car la carte de mon appareil est déjà full. Merci à vous tous!!!

 

Mercredi 15 octobre 2008:

8h. Au saut du lit, je démonte ma tente et replie bagages. Je prends un petit café avec mon nouvel ami, Hubert. Je le salue et le remercie à nouveau avant de décoller. Il est 9h30, je me perds un peu dans Angers et je peine pour quitter la ville. Je ferai d’ailleurs 7km dans la mauvaise direction avant de m’en rendre compte. A un carrefour, je m’adresse à un conducteur dans sa voiture. Celui-ci m’indique la bonne direction et me précise que je dois faire demi-tour. La pluie s’invite alors et m’accompagne sur quelques kilomètres. Elle tombe même abondamment mais cela ne m’empêche pas d’être de bonne humeur. En fin de compte, lorsqu’on est Belge, on est plutôt habitué au crachin et aux draches nationales ;-) Je m'arrête près d'un camping. Je me renseigne sur l’ouverture auprès d’un habitant. Il me répond qu’il n’ouvre qu’en haute saison mais que je peux toutefois m’y installer. La barrière est ouverte mais je suis un peu méfiant et rebrousse chemin. Je préfère aller voir plus loin. Sans regret puisque je m’installerai à côté d'un gigantesque étang. La vue est sublime et je suis complètement épuisé à cause des kilomètres engloutis sous la pluie. Il est 21h lorsque je tombe littéralement dans les bras de Morphée. (Nombre de kilomètres  parcourus aujourd’hui : 38)

 

Jeudi 16 octobre 2008:

Réveil de bonne heure sous un ciel radieux. Il est 7h et le soleil brille déjà de mille feux. La présence du soleil me donne à chaque fois la pêche pour la journée, surtout après une journée sous la pluie. Je prends donc mon temps avant de décoller et profite de ce décor magnifique sous le soleil. Je me prépare du thé et mets sécher mon linge. Le temps file. Il est déjà presque 11h lorsque je boucle mes bagages. J’enfourche mon vélo et continue à contourner l'étang pour trouver un autre chemin. Pas de bol. J'ai le choix entre une voie sans issues et la cour d’une ferme. Le fermier m’indique alors comment rejoindre la nationale par les petites routes. Il me propose d’emprunter un sentier, qui rejoint rapidement la route principale. Mais il ne me précise pas que ça va grimper. A ma grande surprise, j'arrive en bas d'une côte de 2km à près de 10%. Arrivé au dessus, j’aperçois un panneau « menu à 10,50€ ». Je décide d'y marquer une pause afin de me nourrir. Je prends une assiette avec des pâtes et du taboulé en entrée. Ensuite, je prends du boudin noir accompagné de pommes chaudes. Je me régalerai encore avec un plateau de fromages et ¼ de vin avant de terminer en beauté avec un éclair au chocolat et un café. Tout ça pour la modique somme de 10,50€. « Excellente adresse et repas exquis ». Je reprends la route vers 13h30. La peau du ventre bien tendue, je me dis qu'il serait temps d'avancer un peu. Je traverse Cholet sans m’y attarder et poursuis ma route jusqu’au village de « La Tric ». Un nom de village plutôt inédit qui me fait sourire et qui vaut bien une petite photo. Je ne m’attarde pas non plus et continue à rouler jusque Saint Laurent sur Sèvre, un village situé au cœur de la Vendée, à 10 km du Puy du Fou. Une cathédrale immense, une église gigantesque et d'autres bâtiments religieux font la réputation de ce village. Je trouve un camping et décide de m'y arrêter. Je discute trois heures durant avec le fils du propriétaire et un ouvrier. Le prix d’une nuit s’élève à 7€. Il est près de 22h lorsque je décide de rejoindre mon lit. Je découvre encore que je peux aller sur Internet avec mon portable, l’occasion de prendre des nouvelles de la Belgique. (32 kilomètres parcourus sur la journée, pas terrible) !

 

Vendredi 17 octobre 2008:

8h, Je me sens un peu bizarre au réveil, mais le soleil et les oiseaux sont au rendez-vous. Super ! Je décide de profiter des douches pour me rafraîchir. Et ça fait vachement du bien… Je règle ma note à l’accueil. 10€50, je trouve ça un peu onéreux. Heureusement, j'ai pris une bonne douche… Je prends la direction de Pouzauges via une route nationale. Par la suite, j’ai bifurqué sur un « chemin vert » jusque Maillezais, une ville située au cœur du Marais poitevin humide encore appelé Venise verte. Ca roule pas mal et les décors varient. Le chemin est plutôt désert. Les panneaux sont arrachés ou mal orientés par endroit. Ce qui ne me facilite pas la tâche. Je me dirige donc au petit bonheur la chance. Ce chemin est bien sympathique. Il est presque 18h. Je me pose, encore une fois, à côté d'un étang immense où il y a 2 pêcheurs dont un, qui est un ancien cycliste confirmé. Il me trouve très courageux. Nous discutons une petite heure et il me propose un petit verre de rosé que je ne saurais refuser. Tu m'étonnes… Ils pêchent pour leur dame et n'ont toujours pas eu une seule touche. Ils savent qu’ils risquent de se faire disputer s’ils ne ramènent rien. Ils me conseillent de m’installer dans le camping municipal, situé 15 mètres plus loin. Il n'y a personne. Je m’installe à côté d'un chalet et je soupe avec une baguette, du Roquefort et une salade de légumes. Petite fin de soirée extra avec un joli couché de soleil. A demain pour d'autres aventures à Maillezais ou plus loin peut-être. (49,31 kilomètres au compteur à la fin de la journée) Peux faire mieux!!

 

Samedi 18 octobre 2008:

7h, je me réveille alors que le soleil pointe seulement le bout de son nez. J’ai de très bonnes sensations. Je suis en pleine forme. Une heure plus tard, je m’engage sur la voie verte en direction de Maillezais, qui se situe à une distance de 78km. J’avance plutôt bien sauf quand les panneaux ont disparu et que je perds de longues minutes à chercher mon chemin. Les yeux écarquillés, je profite du magnifique parcours. « C’est du pur bonheur ». Je marque une pause vers 13h dans le village de Vouvent. J'ai sifflé deux bières sous ce soleil radieux pour célébrer dignement ma troisième semaine sur le vélo. On se croirait en plein été. Je me dis que le soleil doit briller aussi sur la place du chapitre à Thuin. Je donne donc quelques coups de téléphone pour prendre des nouvelles des Thudiniens et en donner au Rapido. Tout va bien, me dit-on, à l’autre bout du fil. Quant à moi, je suis super heureux. Je redémarre et discute en chemin avec quelques personnes. Comme à chaque fois, il me demande d'où je viens et jusqu’où je vais. Je leur lance que je viens de Belgique et que je pars à la conquête de l’Europe! Peu avant 18h, je repère une prairie qui pourrait convenir pour planter ma tente. La vue est imprenable sur 180°. Je soupe et je rédige mon journal face à un magnifique couché de soleil. 19h10, il a totalement disparu à l’horizon. Un moment grandiose pour un seul homme! Patricia Poulain et Guy Moinié m’appellent et me confirment l'adresse du « Mung » où quelqu’un m'attend. Mille mercis pour toutes ces adresses, tous ces conseils et tous ces points de chute. Vous abattez un sacré travail pour que je mène à bien ce périple. Merci pour tout le temps que vous me consacrez. Ca me touche énormément. Merci pour toute cette débauche d’énergie. Je prends énormément de plaisir sur le vélo. Pédaler me donne la pêche et la banane ;-) Je vous embrasse tous très fort. Je vais lire un peu et parcourir la documentation que je me suis procuré.

Bisous, Bisous et à demain!! 54 kilomètres engloutis aujourd’hui

 

Par Délir'tour
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Dimanche 19 octobre 2008

Samedi 27 septembre 2008 :

Départ difficile du Rapido, sur la place du chapitre à Thuin. Beaucoup de monde était au rendez-vous. Le soleil était de la partie et quelques courageux ont enfourché leur vélo pour m’accompagner dans les premiers kilomètres. J’en profite pour les remercier. Merci aussi à tous les autres qui me soutiennent d’une manière ou d’une autre. Les arrêts fusent : Moustier, maison Sagawé, l'écluse de La Buissière. Les adieux commencent à se faire sentir. Il est temps de partir. Marc Thomas me suis encore sur quinze bornes. Nous atteignons la frontière française ensemble. Là, les derniers adieux avec mon ami. « Bon, allez de toutes façons, j'ai rendez-vous avec Schkwal (Pascal Devaux) à Vadencourt, au confluant de la Sambre et de l'Oise ». Les premières rencontres commencent mais je ne m'attarde pas car j'ai déjà perdu beaucoup de temps avec les adieux. Arrivé à Landrecies, je décide de planter ma tente le long de notre belle Sambre, il est 19h40 et mon compteur affiche 69km69. Je m'endors comme une masse sans souper et bien fatigué de ma première journée sur le vélo.
 
Dimanche 28 septembre 2008 :

Réveil vers 7h. Je suis frais comme un gardon, prêt à effectuer les 75 premiers kilomètres le long de la Sambre. Ca avance pas trop mal. J’ai adopté une bonne moyenne jusqu'à la première crevaison, à environ 100km du départ. Je m'arrête à coté d'un pêcheur et je commence à réparer mon pneu. Il me faut plus ou moins une heure. Je ne serai jamais pris dans le team de Tom Boonen pour changer les pneus. Lol. Je fais un peu trop de bruit pour le pêcheur et celui-ci me le fait bien comprendre!!! Je termine et je lui demande si je suis toujours le long de la Sambre et il me répond que c'est le canal de la Sambre et que ce n'est pas la même chose. Je me dis « mince ! » je me suis trompé pourtant j'ai bien suivi le cours d'eau. Comme j'ai oublié la carte de France (Ouais, je sais, ce n’est pas très malin), je continue le long du canal jusque Vadencourt, deuxième arrêt. Je m'arrête à l’église du village et j'envoie un message à Schkwal pour lui confirmer ma présence dans ce village. Mon compteur affiche 52 Km. Les jeunes du quartier viennent me poser quelques questions, notamment sur ma remorque, qui les intrigue un peu. L'un d’eux me propose de planter ma tente derrière chez lui. J’accepte bien volontiers et le remercie pour son invitation. Je commence à m’installer. 10 minutes montre en main et me voilà sous mon toit. Rudimentaire, mais suffisant.  Le jeune garçon me propose ensuite des fruits et de l'eau. Il me propose aussi de recharger mon « mobile ». Pas trop mal pour un début. Je discute avec lui et ses deux frères en attendant l'équipe de ravitaillement. Il est 17h30 environ et voilà le trio de choc : Pascal, Mercu et Frank. Quelle bonne surprise ! Ils ne sont pas arrivés les mains vides ! Ils ont amené de quoi faire un barbecue pour 12 personnes ! Nous discutons avec les parents très sympathiques. Les blagues entre Belges et Français fusent. Une belle soirée en perspective. Les parents s’éclipsent et nous laissent souper. Une petite soirée « tranquille » qui se termine vers 23h. Et il est déjà temps de se quitter, dommage…
 
Lundi 29 septembre 2008 :

J’ouvre un œil. Il est 7h30. Je m’éveille tranquillement et je me lève vers 8h30 avec l’odeur du café que la maman avait préparé et laissé à l’entrée de la tente. 9h : paquetage terminé et ficelé. « Allez hop », en selle pour la troisième journée du voyage. Et je commence en force avec une petite montée pour dire de me mettre dans le bain. La visibilité est quasi nulle. On ne voit rien à deux mètres. Et ce jusque Saint-Quentin. Á Saint-Quentin, je cherche l’office du tourisme. Surprise ! Les bureaux sont fermés jusque 14h. Dommage, je souhaitais me procurer une carte de la région. Je demande alors mon chemin à une dame. Direction Ognolles. De village en village, tout se passe bien, je pédale sur de belles petites routes. Arrivé à Ognolles au km 75,45 je m’arrête dans une ferme. Je m’adresse au fermier, qui est, en fait, un conseiller de la mairie du village. Je lui demande pour planter ma tente dans le coin. Il m’invite à installer ma tente derrière la mairie en dessous d'un arbre majestueux avec une vue imprenable sur des champs de betteraves ! Les agriculteurs s’agitent pour éviter la pluie annoncée demain. Leurs tracteurs foncent à toute allure à travers champs. Je soupe avec une tartine accompagnée de tomates et d’une petite Chimay bleu, histoire d’alléger un peu la remorque. Je ne ressens pas encore de douleur aux « guibolles ». Il est 19h18. Le soleil se couche et je passe une excellente nuit. Tout le monde me manque déjà .
 
Mardi 30 septembre 2008 :

Réveil à 8h. Le temps de charger le vélo et il est déjà 9h. Il faut dire que je prends mon temps puisque les conditions météo sont plutôt maussades. Comme annoncé, il pleut. Le vent souffle de face de Ognolles jusque MontDidier. J'ai perdu la carte de la région à Roye ! Malin… Je visite un peu le coin. Entre Roye et MontDidier, j'ai été éjecté de la route trois fois par des camions. Mon rétroviseur a cassé et j’ai ensuite remarqué que mon compteur affichait 20km40 depuis un petit temps. Etrange, je roule et mon compteur affiche 0 km/h. J’en conclus qu’il s’était détaché. Je réussis à le rattacher avec du gros collant. (En France, les camions ne peuvent plus circuler le week-end et ça ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, surtout lorsque l’on est cycliste…) Arrivé à « je ne sais où »,  j'ai vu un camping 2 étoiles. Mais il n’y avait personne à l'accueil. D’après un ouvrier, le patron n'était pas là. Celui-ci me dit aussi que je peux planter ma tente. Il y a de la place. Les tarifs me paraissent bizarres mais j’y regarderai de plus près plus tard. Pour le souper, je m’enfile un MC Donald … Oups. Demain, direction Beauvais. Il me reste 30km pour atteindre cette destination. Jusque-là, mon compteur de jour indique 31,21km. Mais, à cela, il faut, à mon avis, ajouter 30km que le compteur n’a pas comptabilisé. Au total, j'ai donc parcouru une cinquantaine de bornes. Je suis un peu crevé. Je vais aller prendre ma première douche. C'est gratuit ! Il est 20h30 Bonne nuit. Tchuuusss.
 
Mercredi 1 octobre 2008 :

7h Réveil. 7h30, debout. Il pleut un peu. Je fonce à la douche pour faire ma toilette et recharger mon gsm. 8h30, vélo chargé, je suis prêt à décoller. Je passe à l'accueil. Il n’y a personne. Me voilà donc parti ! Encore une nuit offerte, par le gérant du camping cette fois ;-) Le vent et la pluie sont encore de la partie. Toute la journée, je me bats pour gagner les quelques km/h (8 de moyenne). Dès qu’un camion me double, je m’abrite sur les bas côtés de la route afin d’éviter de nouveaux dégâts. Le paysage commence tous doucement a changer et déjà de belles vues. Aujourd'hui, je suis à 6km de Beauvais. J'ai monté ma tente à côté d'un terrain de football. Je vais manger ma première soupe aux tomates avec du pain et de la saucisse. Comme dessert, je prendrai une pomme. J'attends avec impatience les sms de soutiens de mes amis belges. Á Beauvais, il faut absolument que j'achète une carte du Sud de la France. C’est toujours mieux pour s'orienter ! Quoi que… Les Français m’ont bien conseillé jusqu’ici. Á mon passage dans chaque village, je suis bombardé de questions  par les badauds et ceux-ci m'encouragent dans cette belle aventure qui commence tout doucement à prendre forme. Ma Thudinie me manque beaucoup et mes amis aussi. Rendez-vous au Mans pour les prochaines nieuws. Je suis quand même crevé. Allez un dodo en espérant que demain il ne faudra pas se battre contre ce vent d'ouest. A+ cher lecteur.
 
Jeudi 2 octobre 2008 :

7h15, je me réveille avec le bruit des gouttes de pluie sur la toile de ma tente. Je décolle vers 8h pour Beauvais. 6 kilomètres plus tard, me voilà à destination. Je m’arrête dans une librairie pour demander une carte de France, mais le libraire n’en vend pas! Je marque une pause dans un bar où je commande un petit café et j’entame la conversation avec un client pour savoir quelle route je dois suivre pour me rendre à Gisors. Il m'explique brièvement et tous les autres clients me demandent d'où je viens. Ils m’encouragent dans mon périple un peu fou. Le patron m'offre le petit déjeuner. Plutôt sympa. Un client me propose 15€ pour mon voyage. Le patron me tend également quelques euros. Je me dis que j'ai déjà de la chance. Je leur explique que je cherche une carte et là, le patron m'offre un bouquin avec toutes les cartes d'Europe. J’ai été vachement gâté et j’en remercie le patron. Il me répond qu'il m'admire et me souhaite alors bonne chance pour la suite. Me voilà reparti. Quelques mètres plus tard, je demande mon chemin à un ouvrier de la commune pour quitter la ville. Il me demande si je teste les pistes cyclables de la ville. Je lui réponds que je fais un tour d'Europe!!! Un peu surpris, il m'encourage et m’indique la bonne route. Merci, mec! Je quitte Beauvais alors que le soleil montre le bout de son nez. Mais cela ne va pas durer. Vers 11h, je suis arrosé d’une grosse averse. Averses et éclaircies se succéderont toute la journée... J'arrive à Dangu à la frontière entre la Picardie et la Normandie. Je m'arrête dans une boulangerie pour acheter un pain. Je me rends ensuite au commerce voisin, à la boucherie et c’est la grosse averse. L’épicière me pose des tas de questions et m'offre deux cafés maison ainsi que du saucisson. Un client rentre et je lui demande mon chemin. Il me répond que je peux gagner 15 km en empruntant un chemin qui ressemble à notre 'Ravel'. Excellente idée, je serai débarrassé des voitures. J'ai parcouru environ 5 km et j'ai planté ma tente entre deux champs de maïs. L’endroit est calme et sec. Je suis un peu fatigué. Je vais souper et puis au dodo. J’ai quitté Thuin il y a bientôt une semaine et je commence à aimer ça. Vous me manquez. A+
 
Vendredi 3 octobre 2008 :

Je me réveille un peu tard. Il pleut à nouveau mais je pense que le long de la voie verte je vais gagner du temps. Et je ne m’étais pas trompé. Ce chemin arrive à Gasny et il est très roulant. Je m'arrête boire un café, et là, tous les clients me posent cette question : « Mais vous faites quoi? » A mon troisième café, je m'apprête à repartir lorsqu’un monsieur de 56 ans me conseille de passer par Giverny. Il me précise que beaucoup de touristes y font une halte. Là, je suis sceptique et je lui réponds que je ne suis pas un touriste mais un voyageur. Il insiste et précise ses propos. C'est notamment le musée de 'Monet' qui attirent les touristes en nombre dans ce patelin. Le Français doute alors de mes connaissances. Je le rassure rapidement. Evidemment que je connais Monet. Il me souhaite bonne chance. Et je me lance à l’assaut de Giverny, où effectivement il y a des touristes. Je visite donc la Fondation Claude Monet et je prends quelques photos dans les petites rues sympathiques des environs. Ensuite, je me remets en selle en direction de Vernon. Je me suis un peu perdu en route mais je découvre le coin. Je demande donc mon chemin à deux ouvriers communaux bien sympathiques. Ca me fait toujours bien rire les explications d'un ouvrier. J'ai quand même réussi à me perdre. Je m'arrête à nouveau mais dans une boulangerie cette fois. La boulangère m'indique le bon chemin à suivre par Pacy-sur-Eure. Au programme, une belle montée comme le col de Landelies et pour rajouter un peu de piment, la pluie a fait son retour. 4km après Pacy-sur-Eure, au km 42, je crève pour la deuxième fois. J'ai du changer de pneu. Heureusement, j'en avais pris deux dans ma remorque. J'ai encore mis pas mal de temps pour cette réparation. Un homme s'est même arrêté pour me donner un coup de main au moment je venais d’avoir fini. Bien sympathique ce monsieur. Je remonte sur mon vélo pour environ 3-4km. Je me suis arrêté entre deux champs. La vue est encore une fois magnifique. Je profite du coucher du soleil. Je dévore quelques tartines jambon tomates. Au programme demain : direction Dreux en passant par Anet
 
Samedi 4 octobre 2008:

Debout à 7h. Je suis « chaud boulette » car pendant la nuit Thomas Filigonio, mon fidèle amigos, m'envoie par sms que je suis à quelques kilomètres d'un ami commun et ex-Thudinien. Il habite à La Loupe. Je jette vite un œil sur ma carte. Bingo, je passe par là. Excellente idée, Tom. J’envoie donc un sms à Jérémie Govers pour lui signaler que je passe près de chez lui et que j'effectue un tour d'Europe. Il m’accueilli comme un roi. Un accueil de feu dans un café sublime avec des serveurs plus que sympas. La soirée avec Jérémie, Marie et le petit ainsi que des amis ne fait que commencer. Le temps passe très vite. Il est déjà 19h30, la nuit tombe et il est temps d’aller manger. Skin (Jérémie) m’a proposé de m’accompagner quelques kilomètres en vélo jusque « Saint–Victor–De–Buthon », son village. Mais quand on n’a plus fait de vélo depuis longtemps, c’est dur, n’est ce pas Skin ? Heureusement, un de ses amis nous a suivi en voiture avec les 4 feux clignotants. Au menu pour souper ce soir : ils ont décidé de m’offrir le restaurant chinois. Un délice. Mais la soirée ne se termine pas là. Quelques bières belges nous attendent chez Skin. Nous avons fais la fête jusque 7h30, une excellente soirée. Prochaines nouvelles au Mans. Il me reste environ 80km à parcourir pour atteindre le pays de la Loire. Jusqu’à présent, je n’ai vécu que des aventures positives. Je suis complètement ébloui. A très vite, bisous bisous.
 
Les Français sont bien sympathiques. Tout le monde veut participer, d’une manière ou d’une autre, à mon projet et je trouve ça plutôt excellent. J’ai envie de dire : « Merci à tous pour votre soutien »

Dimanche 5 octobre 2008 :

Sans surprise, je me réveille à 14h. J’ai la tête complètement à l’envers et la ferme intention de ne pas rouler. Je me mets à l’ouvrage pour vous faire partager mon journal de bord. En fin d’après-midi, nous savourons encore quelques bières. Au soir, des amis viennent déguster un spaghetti bolognaise chez Skin. Nous soupons dans le noir à cause d’une  panne de courant. Et tout ce que j’avais tapé sur le pc s’est effacé. Génial. Les amis de Skin partent le lendemain pour le Maroc. Ils me souhaitent bon voyage. Il est 1h30. Je vais me coucher. Un beau dimanche champêtre comme je les aime.

Lundi 6 octobre 2008 :

10h, réveil plus au moins correct. Les amis sont partis pour le Maroc. Skin est parti travaillé. Je me remets sur le net pour envoyer les dernières infos. Après-midi, je range du bois pour aider Skin. Il a 15 stères à ranger. J’en ai rangé deux. Il est déjà 16h30 et Marie me dit qu’elle part bosser à son tour. Je la trouve très courageuse car elle est enceinte et le nouveau né est attendu pour le mois de février. Skin rentre du boulot épuisé. Il me propose de boire une bonne bière de chez nous : La « Malonne » Nous avons regardé une petite série de « Streaptease ». Skin nous prépare une pizza maison « excellente ». Marie rentre du boulot. Nous avons regardé la TV et il était déjà temps de se dire adieu. Demain Skin travaille pour 8h. Je ne le verrai donc pas partir. Je les remercie de tout cœur pour son accueil et sa générosité. J’ai été très gâté et je remercie également Marie et ses amis pour leur sympathie, leurs contributions et leurs encouragements. Encore une fois Merci à eux !

Mardi 7 octobre 2008 :

8h30 réveil et je suis un peu nostalgique. Quel dommage qu’il soit déjà l’heure de partir. Je me sentais bien ici. Je suis même à la limite de craquer et de leur demander pour squatter leur caravane au fond du jardin. Mais je me ressaisis rapidement. Quand il faut y aller, il faut y aller ! Vers 9h, je rentre encore un peu de bois pour la journée de Marie. Le brouillard se lève tout doucement. Quelques petites gouttes font leur apparition. Je prends un dernier thé avec Marie. Il est excellent. Je charge mon vélo. Je suis prêt à repartir avec une petite larme tout de même. Ils sont bien ici au milieu de ces paysages superbes. Je me dirige vers Nogent-Le-Rotrou sur la national et mes bons vieux camions sont de la partie. Je me suis arrêté aussi pour goûter les frites régionales à 2€. Très déçu. J’ai aussi été à l’office du tourisme pour avoir une carte de la région. Il y a encore au moins 40km jusqu'au Mans. A 17h, je craque. Je vois des gros nuages qui approchent. Je me décide à planter ma tente. Mais je suis le long de la national. A ce moment, je vois un panneau sur lequel il est écrit « Gîte de France » à 45m. Super !! Je me dirige jusqu’à l’entrée de cette belle propriété. Le gérant m’interpelle. Je lui explique mon périple et il me propose de planter ma modeste demeure dans un beau coin du jardin. La pluie tombe toute la nuit. Il est 18h23. Je vais souper avec une bonne soupe aux tomates. Demain, je partirai à la rencontre de Léonard Derbaudrengien au Mans.

Mercredi 8 octobre 2008 :

7h30 le réveil se passe sous un magnifique soleil. Je démonte vite ma tente et je fonce sur la grande national. Vers 10h, je m’arrête dans un bled nommé La Ferté-Bernard. C’est le jour du marché. Je me prends un pain au chocolat et un petit café. Les Français me posent des tas de questions. Je termine mon petit déjeuner et j’en profite pour faire le plein de vitamines. J’achète quelques fruits (pommes, oranges,…) et le tenant du stand fruits&légumes, généreux, m’offre le tout. Bien sympathiques ces Français. Je repars sur cette national qui, pour la première fois, est toute droite avec seulement 2 côtes. Je déroule jusqu’au Mans. Arrivé dans le centre, je cherche l’office du tourisme pour me procurer un plan de la ville. Lorsque je  ressors, un homme est interpellé par ma remorque. Ensuite, un jeune homme remarque le drapeau belge sur la remorque. Il me raconte qu’il a étudié à Liège. On sympathise un peu. Il me souhaite bonne chance. Je trouve la rue de mon ancien ami, Léonard. Mais celui-ci n’est pas là. Je n’ai plus de crédit pour lui envoyer un sms. Je laisse donc un mot sur sa boite au lettre. « Je suis au café du coin. Je vais boire une bière. » A peine le temps de m’installer dans le bistrot, deux hommes m’offrent une bière. Là, un individu s’approche et m’appelle. Il me demande si je suis Belge et si je cherche mon ami Léon. Bizarre. En fait, c’est le propriétaire de Léonard. Il m’offre 3 ou 4 verres. D’autres remettent les verres en peinture, dont Paolo, qui joue souvent au tiercé. Beaucoup de Français y jouent. Et Paolo a une chance de dingue. Je me lance dans l’aventure avec lui, mais mes chevaux ne sortent pas. Tant pis. 19h, le propriétaire de Léonard me propose d’aller poser mon vélo chez lui et de boire un petit apéro en attendant Léon, qui nous a rejoint 5 min plus tard. L’apéro s’est prolongé... Le propriétaire me propose alors une chambre pour la semaine gratuitement. Elle est plus grande que la chambre de Léonard. Bref, encore mieux que l’hôtel! On décide d’aller souper dans la vieille ville du Mans. Nous nous régalons dans ce restaurant et pour ne pas rester sur une petite soirée on est repassé boire un petit verre pour clôturer la soirée en beauté…  A 1h, je crois, il devait fermer son établissement. On change de bar et on passe le reste de la soirée dans un chouette café/discothèque. Il est 3h du matin lorsque nous en sortons. Belle soirée et encore un accueil très chaleureux.

Jeudi 9 octobre 2008 :

Réveil difficile à 10h30. Je ne suis pas très frais. Je me dis qu’il faut que j’envoie les nouvelles de mon périple français et je remarque que ce que j’ai envoyé de chez Skin n’est pas arrivé sur la boite e-mail de Catherine. Je passe donc toute l’après midi sur l’ordinateur pour rédiger mon journal de bord sur word et envoyer de mes news. Ce travail me semble un peu laborieux d’autant plus que dehors le temps est superbe. Il est 17h38 lorsque je décide d’aller faire un tour avec Léon qui rentre de l’école. Je continuerai mon journal ce soir. Je dois trouver aussi un appareil photo. Le mien a rendu l’âme. Pour l’instant, je n’ai pas trouvé mais je continuerai mes recherches demain. Je vous embrasse les loulous. A demain.

Vendredi 10 octobre :

Réveil à 9h dans une forme olympique je me remets sur le net pour terminer mon journal de bord. Après-midi, j’ai été à la FNAC avec Léon. J’ai acheté un nouvel appareil photo pour 100€. Nous avons ensuite visité la ville du Mans où j’ai pu testé mon nouvel engin. Ce soir nous allons voir un concert de ska dans un café bien sympathique. Je reprendrai le vélo et la route samedi ou dimanche. J’ai encore le temps de vous envoyer un petit mot avant de partir. Je remercie le propriétaire de Léonard et Léon pour leur accueil et pour la chambre… Un grand remerciement également à Patricia Poulain et Guy Moinier pour leur soutien au quotidien. Merci aussi à Catherine pour les infos que vous allez lire. Merci aussi au centre culturel pour la diffusion de ce journal de bord.

« La Thudinie me manque ». L’aventure commence seulement car je n’ai plus de point de chute avant le Portugal. Donc si vous avez des infos, envoyez-moi un petit sms sur mon gsm après 18h.

Bisous, Bisous
                                                                                SAM, l’Européen.

Par Délir'tour
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